Marko Milovanovic écrit sur ce qui tient dans les œuvres — ce qui résiste au retour, ce qui augmente au lieu de s’épuiser. Son essai Le Ressaut — Héraclite et l’inépuisable pense avec quatre fragments d’Héraclite pour démonter ce qui fait tenir un poème, une peinture, une fugue ou un roman.
Agrégé d’arts plastiques, diplômé des Beaux-Arts de Paris.
Travaux en cours
Le Ressaut — Héraclite et l’inépuisable
Essai, 17 000 mots — Manuscrit en recherche d’éditeur
Publications récentes
Beethoven opus 131 et Héraclite
Opus 132, février 2026 [Lire l’article →]
Beethoven et la volonté – Les Variations Diabelli
Opus 132, janvier 2026 [Lire l’article →]
Le Quodlibet de Bach – Quand la virtuosité rit d’elle-même
Opus 132, décembre 2025 [Lire l’article →]
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Carnet
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Deux ré — Bach partita n°2
Cöthen, entre 1717 et 1720. Bach écrit six pièces pour violon seul. Pas de basse continue, pas d’accompagnement. Un instrument à quatre cordes, seul face au silence. Sur la page de titre, il note : Sei Solo. Six solos — mais aussi, en italien bancal, sois seul. Le violon ne peut compter que sur lui-même. La Partita
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Rancière — ce qui persiste quand le partage a changé
Jacques Rancière L’expérience esthétique. Dialogue avec Bernard Aspe. Nous, 2025. Un serrurier, début du XIXe siècle. Il se plaint. N’est pas dans sa vocation. Aurait voulu être peintre. Il oppose un geste des mains à un autre : celui, doux, de l’artiste libre qui a le temps, contre les gestes brutaux du travailleur contraint. Deux phrases,
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Deux crânes — Basquiat — Warhol
Même sujet : le crâne, la mort. Deux gestes opposés. Jean-Michel Basquiat peint Untitled (Skull) en 1981. Acrylique et pastel gras sur toile, 207 × 176 centimètres. Un crâne à l’échelle d’un corps humain. Premier contact : la taille m’arrête. L’image s’efface devant la présence. Le crâne occupe quatre-vingts pour cent de la surface, décentré vers la
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Deleuze — le tas et l’ordre
Gilles Deleuze, Sur la peinture, Paris, Minuit, 2023 (transcription des cours de Vincennes, mars-juin 1981 — édition préparée par David Lapoujade). Un peintre devant sa toile. Elle est blanche. Faux, dit Deleuze. Elle est pleine. Pleine de clichés, de fantômes figuratifs, de narrations prévisibles, de compositions attendues. Des ectoplasmes — dans la tête, dans le cœur, dans
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Fragment 18 d’Héraclite : l’inespérable
Dans trois articles précédents, j’ai proposé des lectures du fragment 52 (la vivance est un enfant qui joue aux pions), du fragment 124 (des choses répandues au hasard, le plus beau, la cosmance) et du fragment A6 (tout se retire et rien ne demeure). Le premier donnait la règle du jeu. Le second donnait la
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Diogène jetant son écuelle — Nicolas Poussin
Louvre, aile Richelieu. Nicolas Poussin, Diogène jetant son écuelle, 1655. Huile sur toile, 160 × 221 cm, INV 7308. Le tableau est immense. Sombre. L’œil est attiré par le ciel, plus clair, dans la partie supérieure. Sur la gauche, partie inférieure, masse végétale très sombre. Au-dessus : trois arbres, forts, droits. Entre leurs troncs, une percée.
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Tout se retire — Héraclite, fragment A6
La fugue initiale. Ut dièse mineur. Quatre voix qui entrent une à une, tissent un contrepoint austère. Sept minutes de rigueur. L’oreille est comprimée dans cette tonalité sombre, anguleuse — quatre dièses, territoire difficile. La fugue s’achève sans conclure. Elle suspend sur un accord qui ne résout rien. Et le deuxième mouvement bondit — en ré majeur.
Les notes
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Depuis l’artiste
Nietzsche, IIIe Dissertation de la Généalogie de la morale, §6 : « La seule chose que je veuille souligner, c’est que, comme tous les philosophes, au lieu d’envisager le problème esthétique en partant de l’expérience de l’artiste (du créateur), Kant a médité sur l’art et…
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Phidias entre deux feux
Un vieux livre de Henri Lechat, Phidias et la sculpture grecque au Vᵉ siècle (1906, réédition 1924, E. de Boccard, Éditeur, Paris). Style suranné, érudition impeccable. Deux pôles. Polyclète et l’école d’Argos : le Doryphore comme canon. Proportions fixées, eurythmie du corps, beauté idéale —…
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Pourquoi les philosophes écrivent-ils si bien de la musique ?
Hirt, dans La condition musicale : « Si l’on accepte, mais comment pourrait-il en être autrement, que le monde est ce qui nous apparaît dans le dépliage de l’image qu’il finit par être, alors dans cette réflexion on ne pourra plus jamais se satisfaire de…
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Valéry sur Degas : l’art savant
« Une œuvre était pour Degas le résultat d’une quantité indéfinie d’études, et puis, d’une série d’opérations. » Deux temps. L’accumulation sans terme — puis la construction. Le premier ne suffit pas ; le second fait l’œuvre. « Série » : un ordre, une séquence, des gestes dénombrables. Pas l’inspiration.…
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La boue et l’or — Rembrandt, trois fois
Au Louvre, l’autre jour, devant le Bœuf écorché. La carcasse ouverte, fendue en deux, suspendue à la traverse. Les empâtements de blanc de plomb déposés sur les terres d’ombre. La graisse brille. Le sang sèche. La matière picturale et la matière animale ne…
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Ceci n’est pas une peinture
Aucune reproduction de peinture ne figure sur ce site. Une photographie d’un Rembrandt n’est pas un Rembrandt — c’est un relevé de surface, une dépouille chromatique. La matière manque, l’épaisseur manque, le format manque, la lumière qui tombe sur le grain manque. Autant écouter…
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Dire, se taire.
Wittgenstein, préface du Tractatus : « Was sich überhaupt sagen lässt, lässt sich klar sagen ; und wovon man nicht reden kann, darüber muss man schweigen. » Je traduis : Ce qui peut se dire se dit clairement ; et ce dont on ne peut parler, là-dessus on doit…