Focillon, ou l’atelier contre la tribune

Nietzsche, Généalogie de la morale, III, §6 : Kant a pensé le beau depuis le spectateur — jamais depuis l’artiste.

Focillon est l’exception. Vie des formes (1934) ne décrit pas l’effet de l’œuvre sur celui qui contemple. Il entre dans l’atelier. La matière a ses vocations propres. Le bois n’appelle pas les mêmes formes que la pierre. Un volume change selon qu’il prend corps dans le marbre ou le bronze. La technique pense. Focillon nomme le moment décisif la touche — « celui où l’outil éveille la forme dans la matière ». Il va jusqu’à Rembrandt graveur, ses superpositions de travaux à la pointe sèche, le velouté de la nuit obtenu par couches. On est dans l’opération.