Beaux-Arts de Paris, DNSAP. Peinture. Expositions à Paris, puis à Los Angeles. Le travail change au contact des cahiers d’atelier : les notes de lecture en esthétique et en théorie de l’art finissent par modifier la pratique elle-même. L’image ne suffit plus, la question devient : par quelles opérations une œuvre tient-elle ?
Écriture d’algorithmes qui génèrent des œuvres. D’abord sur papier, avec des nombres tirés d’une table imprimée que m’avait donnée ma femme, chercheuse en biologie moléculaire. L’informatique s’ajoute ensuite. L’algorithme comme contrainte productive : au même titre qu’une règle de fugue ou une forme fixe.
Retour en France. Une année à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, puis agrégation d’arts plastiques. L’écriture sur l’esthétique et la philosophie, commencée dans les marges de l’atelier, devient le travail central.
Essai : le ressaut. L’Été indien, quatre vers de Villon, une fugue de Beethoven, un tas de débris chez Héraclite. Rien n’a bougé dans ces œuvres, et certaines ne reviennent jamais de la même façon.
Second essai : le souffle. L’autre versant du même problème. Cette fois, ce qui intensifie dans le monde même, en deçà des œuvres. Les deux livres forment un diptyque.
Fiction : il faut couper du bois. Même matière, autre voie : le récit pense par le geste et le corps ce que l’essai cherche dans la matière des œuvres.
Les textes de ce site sont un work in progress — au sens que Joyce donnait à l’expression quand il nommait ainsi, pendant dix-sept ans, ce qui deviendrait Finnegans Wake : non pas un travail qui avance vers sa fin, mais un travail qui tourne, reprend, ajuste. Habitude de plasticien. Il m’arrive de modifier une phrase, de resserrer une formulation d’une visite à l’autre. Le fond ne bouge pas. La surface travaille.
Pour la partie plastique, voir l’atelier.
