Étiquette : Joyce

  • Ulysse : Mulligan veut enseigner les Grecs à Télémaque

    Je reviens souvent à Ulysse. Tour Martello, au-dessus de la baie de Dublin, le matin du 16 juin 1904. Buck Mulligan se rase sur la terrasse, regarde la mer. Il a une émotion lettrée. Alors il la cite. Dans la traduction d’Auguste Morel, revue par Larbaud : La voilà bien la mer, celle d’Algy, la grise…

  • Indiquer, déposer

    Sur Héraclite, le sujet de Jean François Billeter, Allia, 2022 J’ai acheté mon premier Billeter en 2004 pour de mauvaises raisons. Quelques années plus tôt, j’avais lu en Pléiade les Philosophes taoïstes dans la traduction de Liou Kia-hway, et j’en étais sorti avec le désir d’aller plus loin. Tchouang-tseu m’avait frappé en me laissant sur…

  • Joyce, le tas qui tient

    Paris, 1939. James Joyce dépose Finnegans Wake après dix-sept ans de travail. Six cent vingt-huit pages. Soixante langues. Aucune concession. Il ne simplifie rien, n’explique rien. Il dépose et meurt vingt mois plus tard. Le livre est illisible. L’accusation revient à chaque génération, intacte. La défense aussi : pas illisible — dense. Chaque mot comprime deux langues,…

  • Fragment 124 d’Héraclite : La cosmance du tas

    σάρμα εἰκῇ κεχυμένων ὁ κάλλιστος κόσμος. Le fragment 124 d’Héraclite dit que le plus bel arrangement — le κόσμος, la parure du monde — est un tas d’ordures jetées au hasard. Vingt-cinq siècles de traductions ont tenté d’adoucir le choc. On peut le lire autrement. * Dans un précédent article, j’ai proposé une lecture du fragment 52…