Catégorie : Héraclite
Héraclite d’Éphèse — lectures des fragments. Pas de commentaire savant sur la pensée présocratique : des lectures qui pensent avec les fragments, en repartant du grec. Qu’est-ce que χωρεῖν dit que « tout coule » ne dit pas ? Pourquoi le κάλλιστος κόσμος est-il un tas d’ordures jeté au hasard ? Comment un enfant qui joue renverse-t-il vingt-cinq siècles de métaphysique ? Chaque article confronte un fragment à des œuvres — musique, peinture, littérature — pour éprouver ce qu’il peut encore faire.
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Fragment 18 d’Héraclite : l’inespérable
Dans trois articles précédents, j’ai proposé des lectures du fragment 52 (la vivance est un enfant qui joue aux pions), du fragment 124 (des choses répandues au hasard, le plus beau, la cosmance) et du fragment A6 (tout se retire et rien ne demeure). Le premier donnait la règle du jeu. Le second donnait la…
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Tout se retire — Héraclite, fragment A6
La fugue initiale. Ut dièse mineur. Quatre voix qui entrent une à une, tissent un contrepoint austère. Sept minutes de rigueur. L’oreille est comprimée dans cette tonalité sombre, anguleuse — quatre dièses, territoire difficile. La fugue s’achève sans conclure. Elle suspend sur un accord qui ne résout rien. Et le deuxième mouvement bondit — en ré majeur.…
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Fragment 124 d’Héraclite : La cosmance du tas
σάρμα εἰκῇ κεχυμένον ὁ κάλλιστος κόσμος. Le fragment 124 d’Héraclite dit que le plus bel arrangement — le κόσμος, la parure du monde — est un tas d’ordures jeté au hasard. Vingt-cinq siècles de traductions ont tenté d’adoucir le choc. On peut le lire autrement. Dans un précédent article, j’ai proposé une lecture du fragment 52 d’Héraclite :…
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Fragment 52 d’Héraclite
Éphèse, début du Ve siècle avant notre ère. Un homme écrit par fragments. Pas de traité, pas de système. Des éclats. La postérité l’appellera l’Obscur — non parce qu’il serait confus, mais parce qu’il refuse d’expliquer. Il affirme. De son livre, déposé dans le temple d’Artémis, il ne reste que des fragments cités par d’autres. Celui-ci…