Nietzsche, IIIe Dissertation de la Généalogie de la morale, §6 :
« La seule chose que je veuille souligner, c’est que, comme tous les philosophes, au lieu d’envisager le problème esthétique en partant de l’expérience de l’artiste (du créateur), Kant a médité sur l’art et le beau du seul point de vue du « spectateur » et qu’il a ainsi introduit sans s’en rendre compte le spectateur lui-même dans le concept de « beau ». »
Nietzsche oppose à Kant la définition de Stendhal : le beau est « une promesse de bonheur ». Un vrai spectateur parle — et un artiste.
Le diagnostic a cent trente-huit ans. Il reste intact. Toute l’esthétique philosophique, ou presque, continue de penser l’art depuis celui qui regarde, écoute, lit. Pas depuis celui qui fait.
Le Ressaut pensait ce que l’œuvre produit au retour. Le travail qui commence maintenant pose l’autre question : que veut l’artiste ? Non pas ce qu’il veut dire — ce qu’il veut, au sens d’une force, d’une volonté singulière engagée dans un matériau, un problème, une résistance.